Grand angle

Cette rubrique est rédigée par Bruno Keller, bénévole au Centre Alpha Choisy et ancien journaliste. Elle a pour objectif de proposer régulièrement des articles sur l’actualité sociale et politique.

 

36% des demandes d’asile acceptées en 2017

Plus d’un tiers (35,8%) des demandes d’asile examinées en 2017 par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) a été accepté, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur récemment publiées (1). Ce pourcentage regroupe les demandes accordées par l’Ofpra en première instance et celles octroyées en appel par la Cour nationale du droit d’asile. Il est légèrement inférieur au taux constaté en 2016 (37,7%).

Mais si l’on considère les chiffres en valeur absolue et non en pourcentage, le nombre de personnes qui ont obtenu l’asile en 2017 est en forte augmentation puisqu’il est passé de 26 500 en 2016 à 32 000 l’an dernier (+20%). Une évolution qui s’explique par la forte hausse des demandes d’asile déposées qui se sont élevées à 100 412  (+ 17% par rapport à 2016) et des décisions prises par l’Ofpra : 90 000, soit 27% de plus qu’en 2016.

En ce qui concerne les pays d’origine des demandes, l’Albanie arrive en tête (7 630) devant l’Afghanistan (5 987) et Haiti (4 934) suivis du Soudan, de la Guinée, de la Syrie et de la Côte d’Ivoire. Quant aux demandeurs ce sont les Syriens qui ont le plus de chances d’obtenir l’asile (95%) suivis des Afghans (83%) et des Soudanais (59%) alors que les Albanais qui sont les plus nombreux à entamer des démarches, ne sont que 6,5% à recevoir une réponse positive à la fin de la procédure. C’est d’ailleurs la forte hausse des demandes en provenance des pays dont les citoyens ont fort peu de chances d’obtenir l’asile (comme Haïti et l’Albanie) qui explique la légère diminution du pourcentage global de décisions favorables mentionnée plus haut (35,8% au lieu de 37,7% en 2016).

Signalons enfin le très fort pourcentage (42%) des demandes d’asile accordées au titre de la « protection subsidiaire ». Un statut qui ne donne droit qu’à un titre de séjour d’un an renouvelable et non à un titre de séjour de dix ans comme pour les autres réfugiés. La protection subsidiaire est accordée « à toute personne dont la situation ne répond pas à la définition du statut de réfugié mais pour laquelle il existe des motifs sérieux et avérés de croire qu’elle courrait dans son pays un risque réel de subir l’une des atteintes graves suivantes : la peine de mort ou une exécution, la torture ou des peines ou traitements inhumains et dégradants ». Ce statut peut également être accordé à des civils sur lesquels pèserait une « menace grave et individuelle » en raison d’un conflit armé.

Pour en savoir plus : https://www.immigration.interieur.gouv.fr/

(1) Il s’agit de statistiques encore provisoires

Article rédigé par Bruno KELLER, en janvier 2018.